Signer un CCMI rassure souvent mais certaines clauses peuvent coûter cher aux acheteurs

Signer un CCMI rassure souvent mais certaines clauses peuvent coûter cher aux acheteurs

Signer un contrat de construction de maison semble souvent sécurisant pour un futur propriétaire, car il fixe le prix, le calendrier et les responsabilités. Pourtant certaines clauses mal rédigées peuvent transformer cette tranquillité en mauvaises surprises financières et de chantier.

Voici comment repérer les points risqués, quelles garanties demander et quelles précautions prendre avant de parapher le contrat. Une lecture attentive évite des litiges et des frais imprévus.

Le ccmi, définition, périmètre et variantes

Le contrat de construction de maison individuelle appelé CCMI unit le maître d’ouvrage et le constructeur et se fonde sur la loi n°90-1129 du 19/12/1990 ainsi que sur les articles L.231-1 à L.231-13 du Code de la construction et de l’habitation.

Il ne vise que les constructions d’habitation comportant au plus deux logements appartenant au même propriétaire. Pour être applicable, l’intervention du professionnel doit porter au minimum sur le gros œuvre et la mise hors d’eau et hors d’air.

Le CCMI couvre les constructions neuves à usage d’habitation, y compris maisons individuelles, chalets et éléments préfabriqués, mais exclut les locaux à usage purement professionnel, commercial ou artisanal ainsi que les travaux d’entretien ou de rénovation.

On peut toutefois échapper au régime en ayant recours à des marchés par lots séparés à la condition qu’aucun entrepreneur n’intervienne dans la fourniture des plans.

Deux modalités existent, avec fourniture de plan offrant interlocuteur unique, prix forfaitaire et coordination centralisée, sans fourniture de plan impliquant contrats multiples, estimation moins certaine et obligation de remise des documents techniques avant signature.

Quelles mentions, garanties et délais protègent l’acheteur ?

Le contrat identifie les parties, désigne le terrain avec références cadastrales et précise la consistance ainsi que les caractéristiques techniques et la conformité aux règles d’urbanisme. Il fixe le calendrier des travaux, les modalités de paiement et le prix forfaitaire. Sont annexés la notice descriptive détaillée et les plans d’exécution cotés et implantés. Les paiements sont strictement échelonnés selon l’avancement réel et un dépôt de garantie éventuellement demandé est plafonné à 3 %.

Le prix forfaitaire protège contre les dépassements pour les prestations décrites, une clause de révision par indexation peut toutefois être prévue, par exemple en référence à l’indice BT01. Le délai d’achèvement est généralement de 8 à 12 mois et les pénalités s’appliquent automatiquement après 30 jours de retard au minimum à raison de 1/3000e du prix par jour, le contrat pouvant prévoir un taux supérieur.

Le CCMI doit mentionner la garantie de livraison à prix et délais convenus, la garantie décennale, l’assurance dommages-ouvrage pour dix ans et la garantie de parfait achèvement pendant un an. La formation du contrat exige l’envoi en recommandé avec accusé de réception ou équivalent électronique et ouvre un droit de rétractation de dix jours à compter du lendemain de la première présentation, avec restitution intégrale des sommes versées en pratique souvent sous 21 jours.

Prévoyez comme conditions suspensives l’acquisition effective du terrain, l’obtention du permis de construire et du prêt, la souscription de l’assurance dommages-ouvrage et la garantie de livraison, l’absence de réalisation dans les délais entraînant l’annulation du contrat sans indemnité.

Attention aux clauses qui vous coûtent cher !

Repérez les clauses imposant la recherche de financement par le constructeur, interdisant les visites de chantier ou compliquant la restitution du dépôt.

Ne signez pas un contrat sans date butoir pour le dépôt du permis ni celui qui subordonne la remise des clés au paiement intégral empêchant la consignation. Vérifiez la clause d’indexation en notant l’indice et la périodicité, exigez des pénalités au moins au taux légal de 1/3000e par jour et un paiement strictement lié à l’avancement réel.

Contrôlez la solvabilité du constructeur via les comptes déposés au greffe, visitez des chantiers antérieurs et interrogez des clients de référence.

Exigez les attestations originales d’assurance décennale, de garantie de livraison et de responsabilité civile et appelez les assureurs pour confirmer validité et dates de couverture. Mettez en demeure par recommandé puis saisissez la justice; conservez les preuves et sachez qu’une résiliation injustifiée peut coûter 10 à 20 % du prix.

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